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mardi 7 décembre 2010

Vins du Sud : Le grand écart des coûts de production

Produire 1 kilo de raisin en Languedoc-Roussillon à quel coût et pour quelle valorisation ? Tel était le thème de la conférence organisée cette semaine par Vinséo, premier réseau de fournisseurs de la filière vitivinicole. La table ronde réunissait un casting de choc : Gérard Bru du Château Puech Haut, Laurent-Emmanuel Migeon du groupe Evoc, Vincent Pugibet du domaine de la Colombette, et Emmanuel Cazes, du domaine Cazes. Quatre personnalités bien trempées défendant chacune des approches très différentes : les vins haut de gamme pour Puech Haut, les vins en biodynamie pour Emmanuel Cazes, les vins allégés en alcool pour Vincent Pugibet et les vins de cépage d’entrée de gamme pour Laurent-Emmanuel Migeon. Difficile donc de tirer une synthèse de ces quatre cas de figure quasiment aux antipodes : au Château Puech Haut comme au Domaine Cazes le coût de production d’un kilo de raisin atteint 1,4 €, soit le niveau moyen constaté en France pour la production d’AOC avec des rendements de 60hl/ha. «Nos rendements se situent entre 24 et 27hl/ha. C’est insuffisant pour assurer la rentabilité du domaine. Il est vital que nous puissions irriguer si on veut assurer la pérennité de nos exploitations ». Au sein des caves adhérentes d’Evoc, les coûts de production sont très variables : de 0,6 € le kg en zone AOC à 0,3 ou 0,2 € en zone vin de pays et pour des rendements de 90hl/ha. Le plus compétitif est Vincent Puigibet au domaine de la Colombette : avec un vignoble irrigué et conduit en taille mécanique, les coûts de production tombent à 0,2 €/kg. « Avec la taille mécanique, on gagne 1000 € par ha et la suppression du palissage nous fait économiser 500 € de plus. A cela, il faut ajouter une hausse de 20 à 30% de la production. En Australie, 65 % du vignoble est en taille mécanique ou taille minimale», affirme ce trublion, faisant référence à une publication des chercheurs du CSIRO (équivalent de notre Inra). «Avec ces techniques, nous avons la possibilité d’être compétitifs sur des vins d’entrée de gamme qualitatifs. C’est dommage de laisser ce marché à nos voisins espagnols ou italiens». Au sein d’Evoc, c’est également la stratégie retenue : diminuer les coûts de production pour être compétitifs sur le marché d’entrée de gamme. Des aides de 1600 €/ha sont octroyées pour le développement de l’irrigation. Fortement encouragée, la taille mécanique commence à faire des émules. Pourtant l’objectif d’arriver à une rémunération minimale de 3500 €/ha pour les coopérateurs du groupement n’est pas encore atteint. Seule une des caves du groupement y parvient grâce à un rendement moyen de 80 hl/ha. A 70hl/ha, la rémunération tombe à 3000 €/ha. Parmi les pistes creusées par le groupement pour développer les marges ; les produits hors vin. « Bonne nouvelle, notre gamme de vin sans alcool, qui représente 2 millions de cols par an, est une de nos meilleures rentabilités ». Le groupe travaille également sur d’autres projets hors vin comme la production de raisin de bouche, l’extraction du resveratrol. A l’inverse, le Château Puech Haut reste, lui, fixé sur une politique de vin haut de gamme, portée par une image forte: « Il y a deux ans, nous avons essayé de nous diversifié en lançant une gamme à  prix raisonnable, ce fut une expérience malheureuse», confie Gérard Bru..Des témoignages qui tendent à prouver que l’avenir du vignoble languedocien ne se cantonne pas à une orientation, mais que tous les segments de marché méritent d’être exploré. 


SOURCE http://www.vitisphere.com/breve-57307-Languedoc,Brise,France,passe,Vin,France.htm

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