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vendredi 7 septembre 2012

A cause du vin, un million de Français en surdose de sulfites


Dans un rapport récent [PDF], l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) indique que 3% des adultes dépassent la dose journalière admissible de sulfites, et ce « principalement en raison de la consommation de vin », lequel représente environ 70% de nos apports en sulfites à lui seul. La dose journalière admissible établie par l’OMS étant de 0,7 mg par kg de poids par jour : soit environ 50 mg par jour pour un individu de 70 kg.

En clair, si l’on s’en tient aux derniers recensements réalisés par l’Insee, plus d’un million de Français sont en surdose de sulfites à cause du seul vin.

Bien sûr, parmi les quelque 40 millions de Français qui boivent du vin au cours de l’année, il s’agit là des consommateurs les plus réguliers.

Ce sont, mathématiquement, les plus exposés à cet additif chimique participant à la conservation du vin, qu’on appelle couramment sulfite, soufre, ou plus précisément dioxyde de soufre (SO2).

Mais ce ne sont pas pour autant des alcooliques s’envoyant leur litron et demi quotidien, cette « dose journalière admissible » de sulfites pouvant être atteinte bien avant ce stade. Dans certains cas de vins particulièrement sulfités, 20 ou 25 cl de vin peuvent ainsi suffire pour la dépasser. Cette quantité restant dans les clous d’une consommation raisonnable, fixés par l’OMS, à savoir deux ou trois verres par jour (fonction du sexe, du poids, etc.).

Les sulfites, un « risque toxicologique »

Avec ou sans surdosage, le dioxyde de soufre peut déclencher des manifestations d’intolérance (maux de tête, nez qui coule, démangeaisons…). Le professeur Jean-François Nicolas, allergologue au CHU de Lyon, précise dans Santé Magazine :

« Ce n’est pas une vraie allergie, mais une réaction d’hypersensibilité. Elle peut être grave chez certains asthmatiques. »

Mais quid de ce million de surdosés ? Ils n’ont pas fait l’objet d’une étude sanitaire spécifique. L’Anses indique seulement dans son rapport que, pour cette population particulièrement exposée, le « risque toxicologique ne [peut] être écarté ».


Louis-Antoine Luyt à Paris, en juillet 2012 (Antonin Iommi-Amunategui/Rue89)
L’agence se contente ensuite de recommander une « diminution des usages des sulfites » et un « abaissement des fortes consommations
d’alcool ».

Interrogé au sujet de l’ajout de sulfites dans le vin, Louis-Antoine Luyt, vigneron français installé au Chili, proche du courant des vins naturels, a cette réponse, lapidaire :

« Approche une fois ton nez d’un bidon de sulfites, tu ne recommenceras plus jamais... Et on met ça dans le vin, oui. Il faut essayer d’en mettre le moins possible. »

Vers des vins plus naturels

Pour profiter des bienfaits du vin (effets vasodilatateurs et antioxydants, attribués au resvératrol) tout en s’épargnant ses éventuels méfaits (liés aux sulfites, mais aussi aux métaux lourds et autres résidus de pesticides), certains consommateurs ont fait le choix se tourner vers des vins plus naturels.


Détail d’une étiquette de vin sans sulfites ajoutés (Antonin Iommi-Amunategui/Rue89)
Des vins non seulement issus de raisins bio, mais également vinifés sans recourir aux nombreux additifs chimiques que la réglementation – y compris celle des vins bio – autorise. Et comprenant, notamment, une quantité très faible, voire nulle, de sulfites ajoutés.

Bus en quantité raisonnable, ces vins naturels se montreraient particulièrement digestes : pas de maux de ventre, pas de maux de tête.

Bien sûr, au-delà de ses bienfaits ou méfaits présumés, la notion de plaisir demeure centrale dans le vin, s’agissant d’une boisson culturelle, d’un lubrifiant social. Et surtout, le vin, « ça doit être bon dans la bouche ! », résume Aurélia Filion, blogueuse et sommelière québecoise. Mais, pour ces consommateurs, il semble également légitime de vouloir se faire plaisir sans ingérer de substances potentiellement toxiques.

Or, à ce jour, il n’existe pas de label officialisant les vins naturels. En France, on trouve uniquement des regroupements de vignerons, de type associatif, tels que l’Association des vins naturels ou encore, depuis peu, Les Vins S.A.I.N.S.

Une poignée de labels bio ou biodynamiques (principalement Demeter et Nature & Progrès) donnent aussi l’assurance au consommateur que les vins en question sont conçus avec un usage modéré du soufre.

Source: http://blogs.rue89.com/no-wine-innocent/2012/08/27/cause-du-vin-un-million-de-francais-en-surdose-de-sulfites-228114

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