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mardi 27 novembre 2012

ZOOM SUR UN DOMAINE #2

Découvrez l'histoire du Domaine La Petite Baigneuse créé par Philippe Wies, dont nous venons de rentrer quelques cuvées...


Ses amis avaient tous, ou presque, choisi la vallée de l'Agly. Un jour, retour des Indes, La Petite Baigneuse, au teint halé par dix-huit mois de navigation, posa son sac à terre à Maury, sur la route de Lesquerde. Une autre aventure débutait...

Philippe Wies  se définit comme paysan-vigneron. Avec donc, un trait d'union chargé d'embruns maritimes, de tempêtes et de calmes, de bleu océan et de couchers de soleil grandioses!... Première phase donc, dans le Sud-Ardèche, où il élève divers animaux de la ferme, de races anciennes. Il compose également un potager de légumes anciens, utilisant au passage la traction animale. L'activité s'accompagne d'un accueil en chambres d'hôtes. Petit à petit, Philippe et Céline ressentent l'impression pesante de ne plus vivre que pour leurs hôtes de passage... et moins pour leurs enfants et pour eux-mêmes. Une seule solution : larguer les amarres!... Vendre la terre, acheter un bateau et prendre le large!... Certains en rêvent, d'autres passent à l'acte!...

En 2007, est-ce l'appel du retour à la terre?... Le paysan-marin souhaite poser son sac à terre. Il se verrait bien vigneron, dans ce Sud qui l'attire. Il part en quête d'un vignoble. Céline a précisé les bases incontournables : "Si les vignes sont belles, trouve aussi une maison dans un village et une école." Oui mon capitaine!... Il parcourt donc le Roussillon, se découvre et croise quelques amis dans les vallées voisines, passe par Montalba le Château et s'arrête sur cette offre à Maury. On lui propose là, un îlot de 8,5 ha de vieux grenaches superbes, sur les plus beaux terroirs de la commune, non loin de St Paul de Fenouillet!... Le village est plutôt joli et sympathique, l'école accueille un bon groupe de la dernière génération locale... Banco!...

Énergie!... il va falloir en dépenser pour s'installer!... Il commence par vendanger, en 2007, chez quelques copains de la région. L'hiver suivant, il le consacre à la remise en état de la maison, afin qu'elle devienne un tant soit peu confortable pour toute la famille. Il faut aussi s'occuper du vignoble, sur des schistes (rien que des schistes!), quasiment entouré de garrigue, à 350 m d'altitude environ, dans une zone superbe, adossée à la montagne et sous son influence, ainsi que sous celle de la tramontane et où s'essoufflent les dépressions océaniques, tout comme les quelques entrées maritimes venues de la Méditerranée.

Au printemps 2008, il a pris connaissance des quelques difficultés éventuelles de la région, notamment lors des vinifications et il se concentre sur le cuvier. Aucune des options qu'on lui propose ne lui convient. Pas de doute, il faut se lancer dans le "sur mesure"!... A peine six mois avant le premier millésime du domaine, il se lance dans la construction de cuves en béton, avec contrôle des températures intégré dans les parois des dites cuves, afin de bénéficier au mieux de l'inertie thermique du matériaux. Les macérations des rouges s'y dérouleront donc dans les meilleures conditions possibles, que la vendange soit égrappée ou en macération carbonique, voire entière et foulée aux pieds, comme en 2010, pour partie.

Les élevages se déroulent en barriques de deux ou trois vins, pour la plupart récupérées chez Jaboulet. A noter que le domaine regroupe actuellement 12,5 ha en un seul tenant, sur la partie la plus haute de l'aire d'appellation Maury, dont les vins "secs" pourront porter le nom dès 2011, en lieu et place de Côtes-du-Roussillon, pour peu qu'ils soient composés d'au moins deux cépages, dont une majorité de grenache.

Quelle plus belle occasion de découvrir au domaine le millésime 2010?... Avec des indicateurs au vert, malgré des débuts difficiles et surtout un printemps douloureux. En effet, le 16 juin 2010, la région voit débouler des nuées de grêle ravageuses. A Lesquerde, une grande partie du vignoble est dévastée en quelques minutes. Il faut même faire appel à des chasse-neige pour déblayer les routes!... Comme d'autres, Philippe Wies fait le bilan : 60 à 70% de perte dans certains secteurs et entre 70 et 80 hl en moins au final!... Cruel!... Et pourtant, de belles quilles se profilent!... Vous allez pouvoir sonner à la porte de La Petite Baigneuse !...








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